Une chose est sûre, Aldric Leonard aime son métier. En véritable passionné, ce poissonnier de 20 ans d’expérience met son temps libre au service de la filière marine. Soucieux de créer un espace d’échange et de partage qui sortirait les poissonniers de leur isolement, il crée la team PDF sur Facebook. Un premier groupe PDF Poissonniers de France rencontre un succès immédiat, avec plus de 10 000 membres. Partenariat, formation, cuisine, aujourd’hui la team PDF s’agrandit et fait des petits sur le réseau social. L’occasion de mieux traiter les demandes émanant des membres très actifs de la communauté. Rencontre…

Une petite présentation s’impose, qui êtes-vous Aldric ?

« Je suis poissonnier en région parisienne, je suis dans le métier depuis 20 ans. C’est un peu par hasard que je me suis retrouvé poissonnier. Suite à un stage BEP vente dans un rayon poissonnerie, on m’avait offert un job étudiant que j’ai tout de suite accepté. Je me suis vite rendu compte que j’étais fait pour ça, plus je pratiquais et plus le métier me plaisait. »

Qu’est-ce qui vous plaît dans la poissonnerie ?

« Je trouve que c’est un métier réellement complet. Il y a le travail manuel bien présent, avec la nécessité d’acquérir un savoir-faire. Il y a aussi des principes de gestion, la maîtrise de stock à flux tendu sur des denrées périssables. Sans oublier la gestion administrative, le management humain, et enfin la dimension artistique du métier. On décore nos étales, on présente le poisson, on le prépare, il doit donner envie, il doit être beau.

Finalement, dans mon métier aucune journée ne ressemble à une autre, il n’y a pas de monotonie. Être poissonnier, ce n’est pas seulement découper un poisson. »

Avez-vous noté un changement dans la profession ces dernières années ?

« Oui bien sûr, on doit suivre les nouvelles habitudes de consommation des clients. Aujourd’hui, surtout en région parisienne, les clients s’orientent davantage sur un produit traiteur. Ils n’ont plus le temps ou l’envie de préparer leur poisson. Ce qui est moins le cas dans les villes côtières.

On voit aussi bien chez les artisans qu’en grande distribution une explosion des plats préparés. Il y a une dizaine d’année la quote-part des produits traiteurs pour un poissonnier était de 10 à 15% du chiffre, aujourd’hui pour un artisan on grimpe à 40%, et jusqu’à 50% pour la grande distribution. »

Crédit Photo : Les Huîtres de Méditerranée Origine France

C’est une bonne nouvelle ce changement de cap ?

« Oui et non, en tant que poissonnier et amoureux de mon métier, je ne suis pas vraiment ravi. Mon plaisir personnel c’est le travail de la matière première, le travail du poisson. Mais en tant que commerçant, on est obligé de s’adapter aux envies de sa clientèle. D’ailleurs, cette évolution du mode de consommation a permis à certains poissonniers d’y trouver une vraie vocation. Ils s’orientent alors davantage vers un profil de « poissonniers cuisiniers ». Il y a 20 ans cela n’existait pas. »

A quoi ressemblent vos journées ?

« J’ai plusieurs casquettes, je suis un poissonnier freelance, d’abord en tant que formateur indépendant en poissonnerie pour les grandes surfaces et les artisans. Ce sont des missions toujours différentes, il faut savoir adapter son discours. La poissonnerie de grande distribution n’a rien à voir avec la poissonnerie artisanale. Je réalise également de nombreuses prestations d’animation, essentiellement autour des huîtres et des fruits de mer. Et enfin, quand j’ai le temps, je retourne à mon premier amour : la poissonnerie brute ! »

Pourquoi avoir lancé le groupe PDF Poissonniers de France sur Facebook ?

« Au départ il n’y avait aucun objectif, si ce n’est celui de retrouver mes collègues et amis, rencontrés grâce au métier. Cela faisait 17 ans que j’exerçais, et comme pour toutes les professions, on a besoin  d’évoluer. Je me suis dit que de pouvoir échanger avec d’autres, cela allait apporter de nouvelles idées, des bons plans etc… Et c’est ce qui est arrivé. C’était le tout premier groupe de poissonniers à naître, et il est rapidement devenu très important avec plus de 10 000 personnes.

Au fur et à mesure, mes amis et moi-même avons remarqué une volonté des membres de se fédérer autour d’une même entité. Rien n’existait dans ce sens, avec une cette volonté de réunir au-delà des différences. Avec ce groupe on a pu sortir de l’isolement les petits poissonniers, qui n’ont pas forcément beaucoup de choix de fournisseurs, et donc aucun moyen de comparaison. Avec PDF Poissonniers de France, chaque artisan de la filière marine savait qu’il pouvait poser une question et avoir des dizaines de réponses pour avancer, s’améliorer et apprécier toujours plus son métier. »

Aujourd’hui le groupe PDF a fait des petits, pouvez-vous nous expliquer le rôle de chaque groupe ?

« Aujourd’hui nous sommes une association qui se décline sur Facebook en 4 groupes distincts : PDF Poissonniers de France, Le bon coin des PDF, PDF business, La cuisine des PDF. J’ai réalisé cette découpe, car le groupe mère était noyée d’informations, et finalement on avait de plus en plus de mal à trouver ce que l’on recherchait. Nous avons donc ciblé les besoins premiers pour développer des espaces d’échange adaptés, et répondre ainsi aux attentes des poissonniers.

Le bon coin PDF est dédié aux publications de vente et d’achat de matériel entre poissonniers. Ils peuvent également y poster leurs offres ou recherches d’emploi.

Nous avons créé PDF Business pour concentrer la publicité d’entreprise sur un même groupe, mais également pour éviter toutes dérives. Sur le groupe mère, certaines sociétés publiaient à outrance. Avec la naissance de PDF Business, les entreprises souhaitant publier leurs annonces doivent d’abord réaliser une proposition de partenariat. Celle-ci doit profiter à l’ensemble de la communauté PDF. En contrepartie, la société bénéficie de la visibilité offerte par l’ensemble des groupes PDF. Quand une entreprise joue réellement le jeu, comme Febvay par exemple, un véritable échange de visibilité se met en place.

Enfin le groupe La cuisine des PDF se concentre sur les produits de la mer et leur transformation. Ce groupe réunit plusieurs acteurs de la filaire marine, mais aussi des cuisiniers en recherche d’inspiration. L’un de mes amis Pierrick Morillon administre ce groupe. Excellent chef restaurateur en Bretagne, il offre à la communauté son expertise, des conseils et des astuces à d’autres cuisiniers. »

A l’occasion du partenariat avec Febvay, vous avez commandé plusieurs vestes, qu’avez-vous pensé du service Febvay ?

« Si la qualité du produit est remarquable, le service l’est tout autant. Clémence et Aline sont de véritables conseillères, elles nous répondent instantanément. Le travail est soigné, avec un envoi de maquettes rapides pour faire son choix. Personnalisation, sur-mesure, vous recherchez mon besoin. Au niveau relation client, c’est tout simplement le top. On n’est pas un simple numéro ou seulement une commande. On nous appelle par notre prénom, on nous donne des conseils, à mon sens c’est un vrai plus, surtout quand on s’adresse à des commerçants comme les poissonniers. La proximité c’est la force de Febvay. »

Propos recueillis par Belinda Tempier